dimanche 12 mai 2019

Front Sud


 



Face aux généraux allemands Eric Von Manstein et German Got, c'est le général Vatoutine qui marquera de son empreinte la bataille du front sud de Koursk.






Nicolas Frederovic Vatoutine

Il est né dans une famille paysanne en 1901 près de Koursk. Il intègre l'armée rouge en 1920 et part combattre l'armée des volontaires Ukrainiens qui combattent aussi bien les armées blanches que rouges. Il devient membre du parti communiste l'année suivante, où il fait preuve de zèle. À partir de 1926 et pendant la décennie qui suit, il alterne entre le service militaire et les études dans une académie militaire soviétique et l'Académie de l'état-major. La purge des commandants de l'Armée rouge de 1937-38 lui ouvre la voie à une promotion rapide.

En 1940, sous les ordres de Gueorgui Joukov, il s'empare de la Bessarabie appartenant à la Roumanie. Pour le récompenser de cette campagne, Staline le fait général de corps d'armée et le nomme au poste important de président du conseil d'administration opérationnel de l'état-major. Vatoutine n'est visiblement pas à la hauteur de ce poste, alors qu'il se montre ouvert aux innovations et travailleur infatigable, il manque d'expérience au combat et sa connaissance de l'art des opérations et de la stratégie est trop abstraite. Malgré cela, son origine paysanne, sa relative jeunesse et, plus important encore, son zèle pour le Parti, en font l'un des rares préférés de Staline dans l'appareil militaire soviétique.

Il sera une première fois opposé au général Von Manstein. Lors des opérations de défense de Leningrad il réussit à stopper l'avance de la wermach l'obligeant à perdre la saison d'été, et permettant à l'armée soviétique de renforcer les fortifications de la ville.

En juillet 1942, Staline envoie Vatoutine, avec les pleins pouvoirs sur le front de Voronej. Avec l'aide de Tcherniakhovski. qui allait rapidement devenir un des plus importants généraux de l'Armée rouge il réussit à contenir l'énorme offensive allemande qui va se réorienter vers le sud et se heurter à la résistance de Stalingrad.

Le 28 mars 1943, Vatoutine prend le commandement du front de Voronej en préparation de la bataille de Koursk. Lors de cette bataille, Vatoutine parvient à résister à l'avancée de Manstein, rendant celle-ci plus difficile que prévu. Il rejette la hiérarchie conventionnelle des armées, son déploiement innovateur lui permet, non seulement de se défendre adroitement contre les Allemands ayant la supériorité technique, mais aussi de passer rapidement de la défense à l'offensive. Après la victoire soviétique à Koursk, Vatoutine prend par surprise Manstein, qui croyait que l'Armée rouge était trop faible pour poursuivre son offensive, et s'empare de Belgorod.

Il poursuit ensuite les opérations en Ukraine mais le 28 février 19442, alors qu'il procède à un regroupement complexe pour une nouvelle opération, il tombe dans une embuscade loin derrière les lignes de front. Il meurt de ses blessures à l'hôpital six semaines plus tard. Il est enterré au cimetière militaire de la municipalité de Mytichtchi dans la banlieue nord-est de Moscou.

Vatoutine sera reconnu comme l'un des généraux les plus créatifs de la Seconde Guerre mondiale, par des experts militaires occidentaux.

Iakolevo

Largement soutenue par la Luftwaffe, l'attaque de la division Leibenstandarte d’Adolf Hitler, à Iakolevo, est très réussie et le 155e régiment de gardes visé voit ses positions submergées, de nombreux prisonniers étant capturés. Les allemands exploitent alors leur succès en attaquant de flanc, le 151e régiment voisin. Mais les soviétiques aveuglent la brèche créée en déployant le 31e corps blindé, au nord de la ville, bloquant toute exploitation immédiate et lancent deux contre-attaques de blindés.

Un immense mémorial de forme légèrement enveloppante symbolise les lignes de défense qui se déployaient ici. (ci-dessous) Il ne reste rien du champ de bataille lui même. Excepté quelques tranchées reconstituées qui donnent le sens global des affrontements. Le site est en réparation. 

 












Plus loin (ci-dessus) un second mémorial formé de deux lames de béton parallèles symbolise les deux fronts et rend hommages aux combattants des armées soviétiques.

tombe de l'aviateur
tombe du tankiste




































Prokhorovka

Le site est devenu mythique suite aux combats qui ont eu lieu autour de Prokhorovka (pince sud) du 7 au 15 juillet, avec en point central la bataille en ligne entre la 5e armée blindée de la Garde et le IIe SS Panzerkorps, le 12 juillet 1943.

Le 10 juillet le IIe SS Panzerkorps lança une offensive ayant pour objectif d'atteindre la ville, et ainsi s'engouffrer dans la brèche. Avec plus de 30.000 hommes et plus de 300 chars, le IIe SS Panzerkorps constituait une force considérable. Les 10 et 11 juillet, les Allemands avancent de 5 kilomètres, réussissant même par endroits à encercler des unités de l'Armée rouge. Au soir du 11 juillet, le commandement soviétique du Front de Voronej décide de lancer une contre-attaque depuis les environs de Prokhorovka vers les positions du IIe SS Panzerkorps.
Les 2e corps blindé et 2e corps blindé de la Garde, en appui de la 5e armée blindée de la Garde, attaquèrent à gauche du front avec 224 chars et canons automoteurs, contre les positions de la 2e SS Panzergrenadier "Das Reich" (division du IIe SS Panzerkorps), qui devait ce jour-là attaquer en tenaille, à la rencontre du IIIe Panzerkorps de la Wehrmacht. Au lieu de cela, la division allemande, qui ne comptait plus que 95 blindés après une semaine de combats, dût se résigner à se retrancher en défense. Sur ce secteur, les chars soviétiques avancèrent de deux kilomètres, mais furent obligés de se retirer après une contre-attaque allemande.
La contre-offensive de ce front échoua. Mais l'offensive allemande également: le IIIe Panzerkorps de Breith, qui disposait à ce moment de 120 chars et automoteurs, dont 23 Tigres, ne parvint pas à percer la défense des divisions d'infanterie soviétiques. Le jour suivant, les Allemands tentèrent de relancer l'attaque sur Prokhorovka, mais elle fut stoppée.

Dans un autre secteur, où la 1ère armée blindée et une partie de la 6e armée de la Garde réussirent à porter un coup sévère au XLVIIIe Panzerkorps de von Knobelsdorf. Sans disposer d'une supériorité significative en hommes et en chars, Katoukov et Tchistiakov parvinrent à engager le combat avec l'ennemi sur toute la profondeur de son dispositif, de telle manière que les Allemands ne purent envoyer aucun bataillon en direction de Prokhorovka depuis cette partie du front.

Bien que l'on puisse aussi interpréter les résultats du 12 juillet comme un match nul, le général allemand Heinz Guderian, spécialiste des blindés écrivit:

"A la suite de l'échec de l'opération Citadelle, nous avons essuyé une défaite décisive. Les unités blindées, déjà renforcées avec beaucoup de difficulté, ne furent plus opérationnelles pour un long moment en raison d'importantes pertes en hommes et en matériel. On ne savait pas si l'on parviendrait à les remettre sur pied à temps pour pouvoir mener des opérations défensives sur le front de l'Est, et pour organiser la défense à l'Ouest en cas de débarquement allié, attendu pour le printemps suivant. Évidemment, les Russes se sont empressés de profiter de leur succès. A partir de ce moment-là, il n'y eut plus aucun jour tranquille sur le front de l'Est. L'initiative revint entièrement à l'adversaire".

Ce qui est maintenant présenté comme le site de la bataille est recouvert par un immense mémorial. Un clocher portant sur ses quatre faces des représentations symboliques de l'histoire de la Russie domine cet ensemble. Un grand nombre de chars y sont exposés.
Un musée extérieur met l'accent sur des actes de bravoure individuels, tels cet artilleur qui sert seul son canon car ses camarades sont tombés et qui réussit à mettre hors de combat plusieurs chars allemands, ou ce grenadier qui se défend héroïquement.
Le musée de la ville est particulièrement intéressant. Une sculpture extérieure représente un char russe qui à court de munitions éperonne un cher allemand et le détruit. Dans l’église de Prokhorovka de grands panneaux de marbre sur lesquels sont gravés les noms des soldats soviétiques tombés au combat ornent les murs latéraux.

Face aux généraux allemands Eric Von Manstein et German Got, c'est le général Vatoutine qui marquera de son empreinte la bataille du front sud de Koursk.
(diaporama ci-dessous - cliquez sur les flèches)





Eglise mémorial de Prokhorovka




Iconostase de l'église mémorial de Prokhorovka




lance roquettes multiples monté sur chassis




le 11 juillet 1943 le servant de ce canon apartenant à la 58ème brigade détruit à lui seul 9 chars ennemis




le sergent Salimov seul survivant de son unité continue le combat et détruit plusieurs chars ennemis




Mémorial Prokhorovka2




Mémorial Prokhorovka3




Mémorial Prokhorovka3 char surnommé "la tortue"




Mémorial Prokhorovka4 canon automoteur




Memorial Prokhorovka. le repos. Le tankiste, le sapeur et la fantassin




Memorial Prokhorovka





Musée de Prokhorovka. recueil de lettres de soldats





Musée de Prokhorovka char T34





Musée de Prokhorovka empennage d'avion abattu




Musée de Prokhorovka reconstitution du champ de bataille




Mythique char T34 ayant participé à la bataille du 12 juillet 43




devant le musée du matériel militaire de Prokhorovka




Devant l'entrée du musée de Prokhorovka. Reconstitution Un char Soviétique éperonne et renverse les chars Nazis





FIN














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