mardi 14 mai 2019

Bataille de Moscou



Le 22 juin 1941, l'Allemagne, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie entrent en guerre contre l'Union soviétique. C'est le déclenchement de l’opération Barbarossa, la Werhrmatch progresse rapidement en Union soviétique, en appliquant les tactiques de la guerre éclair la Blitzkrieg.
L'offensive allemande avait pour but de réaliser un encerclement en tenaille de la région de Moscou. La première pince fut dirigée vers le nord contre le front de Kalinine par les 3ème et 4ème armées de panzers, cette pince permettait également de couper la voie ferrée entre Moscou et Léningrad. La seconde pince était orientée au sud de Moscou contre le front de l'Ouest en direction de Toula avec le 2ème groupe de panzers. Enfin la 4ème armée avançait directement sur Moscou depuis l'ouest. Une opération séparée de nom de code Wotan visait à conquérir la ville de Moscou.
Les unités motorisées avancent en réalisant de gigantesques encerclements et en détruisant plusieurs armées soviétiques. Tandis que le groupe d'armées Nord progresse vers Leningrad, le groupe d'armées Sud prend le contrôle de l'ouest de l'Ukraine et le groupe d'armées Centre avance vers Moscou. Hitler prévoyait la chute de Moscou en moins de 120 jours, après le début de l'invasion. L'offensive allemande cause des pertes colossales à l'armée rouge, et l'avance ne semble pas pouvoir être stoppée.

En juillet 1941, le groupe d'armées Centre a réalisé l'encerclement de plusieurs armées soviétiques près de Minsk, créant ainsi une brèche importante dans les lignes ennemies, que les forces soviétiques ne purent pas immédiatement combler faute de réserves disponibles. Le front de l'Ouest soviétique est également anéanti. La Wehrmacht fut donc capable de franchir le Dniepr qui barrait la route de Moscou avec un minimum de pertes.

En août 1941, les forces allemandes prennent la ville de Smolensk. Cette ville est historiquement considérée comme la « clé » de Moscou car elle contrôle une bande de terre entre le Dniepr, la Daugava et de nombreuses autres rivières permettant ainsi de progresser plus rapidement en évitant la construction de ponts sur de larges rivières. Les soviétiques résistent furieusement et ralentissent l'avancée allemande jusqu'au 10 septembre. Le groupe d'armées Centre est obligé d'engager la plupart de ses réserves.

Près de Léningrad, le groupe d'armées Nord est retenu par les défenses sur la Louga. Le groupe d'armées Sud qui comprend de nombreuses unités hongroises et roumaines moins bien entraînées, équipées et commandées que celles de la Wehrmacht, subissent de violentes contre-attaques. L'état-major allemand est maintenant face à un dilemme. En effet, le groupe d'armées Centre est assez puissant pour atteindre Moscou, mais une telle avancée créerait un saillant dans les lignes allemandes ce qui le rendrait vulnérable à une attaque sur ses flancs. De plus, Hitler estime que l'Allemagne a d'abord besoin des ressources minières et du blé présent en Ukraine, dans la région du Donbass. Heinz Guderian et son armée blindée sont donc envoyés vers le sud pour soutenir l'attaque de Gerd von Rundstedt sur Kiev. Le 19 septembre, les forces soviétiques doivent abandonner Kiev.

Pour défendre Moscou les troupes soviétiques se sont organisées sur trois lignes de défense. La première partie était construite sur une ligne Rjev-Viazma-Briansk a environ 150 km de Moscou. La seconde, la ligne Mojaïsk, s'étendait de Kalinine à Kalouga à environ 70 km de Moscou. Enfin, une troisième ligne entourait la ville elle-même formant la zone de défense de Moscou. Ces défenses étaient largement improvisées.

L'opération Typhon débute le 30 septembre, le groupe d'armées Centre, lance son offensive finale vers Moscou . La résistance soviétique est héroïque. Le site de Viazma résiste jusqu'au 18 octobre. Le 2e groupe de panzers effectue un mouvement enveloppant de l'ensemble du front et rejoint la seconde armée en prenant Orel le 3 octobre et Briansk le 6.

Dès le 7 octobre, les premières neiges ont rapidement fondu transformant les routes en rivières de boue, un phénomène connu sous le nom de raspoutitsa. Les unités motorisées et blindées sont en grande difficulté pour manoeuvrer. La 4e division de panzers, tombe dans une embuscade menée par Dmitri Leliouchenko et son 1er corps de fusiliers de la Garde hâtivement mis en place et par la 4e brigade de chars de Mikhaïl Katoukov. Les nouveaux T-34 dissimulés dans les épaisses forêts attendaient que les unités allemandes progressent et soient bloquées par l'infanterie pour attaquer sur les flancs et décimer les formations de Panzer IV ! Pour les allemands la surprise est de taille !

Mais les pertes totales subies par l'Armée rouge sont énormes (environ 500 000 tués, blessés, disparus et prisonniers). Cette résistance opiniâtre a fortement ralenti l'avancée allemande. Ainsi lorsque le 13 octobre, ceux-ci arrivent devant la ligne Mojaïsk, ils trouvent une défense organisée.

Staline conscient de la difficulté de défendre Moscou ordonne aux instances administratives et politiques de quitter la ville en direction de Samara. Lui même reste sur place. 250 000 femmes et adolescents construisent, dans et autour de Moscou, 8 000 km de tranchées, des fossés antichars, des abris.

les Allemands réalisèrent un assaut frontal sur la ligne, prenant Mojaïsk et Maloïaroslavets le 18, Naro-Fominsk le 21 et Volokolamsk le 27 après de rudes combats. À cause du danger grandissant de flanquement de ses armées, Joukov dut reculer vers l'est sur la Nara.

Au sud, la 2e armée de panzers avançait rapidement vers Toula car la ligne Mojaïsk ne s'étendait pas jusque-là et les forces soviétiques y étaient peu présentes. Le mauvais temps, les problèmes d'approvisionnement, les routes et ponts endommagés ralentirent l'avancée allemande; Guderian atteint les faubourgs de Toula le 26 octobre. Le plan allemand prévoyait la capture rapide de la ville et un mouvement de pince autour de Moscou. Cependant, la première tentative pour prendre la ville échoua et Guderian dut faire halte le 29 octobre.

Le 15 novembre, les troupes blindées allemandes commencent leur offensive vers Kline (85 km au NO de Moscou), où les Soviétiques ne disposent d'aucune réserve. Le 24 novembre la 3e armée de panzers prennent finalement Kline, après d'intenses combats. Solnetchnogorsk tombe le lendemain. La résistance soviétique est cependant solide et le devenir de la bataille est incertain.

Le 18 novembre au sud, près de Toula, la 2e armée de panzers tente d'encercler la ville.
Or, dès le 23 novembre, les températures chutent à −30 °C. L'armée allemande est à bout de souffle et toutes les unités se battent, il n'y a aucune réserve. Le jour ne dure que six heures, le matériel ne fonctionne plus s'il n'est pas réchauffé ! Les forces allemandes sont épuisées par les combats précédents et n'ont toujours pas d'équipement adaptés à l'hiver. Toula ne sera pas prise.

Le 28 novembre, la 7e division de panzers établit une tête de pont derrière le canal de Moscou, dernier obstacle majeur avant Moscou, et s'approche à moins de 35 kilomètres du Kremlin. Mais une forte contre-attaque de la 1re armée de choc la repousse derrière le canal. Le 2 décembre 1941, la Wehrmacht atteint la ville de Khimki, à seulement 8 km au nord-ouest des limites de la ville de Moscou et 23 km du Kremlin. Elle y trouve les terminus des lignes de tramways et les soldats peuvent apercevoir les tours du Kremlin. Mais les troupes allemandes sont à bout.

Le général allemand Guderian constate « L'offensive vers Moscou a échoué… Nous avons sous-estimé la force de l'ennemi tout comme celle des distances et du climat. Heureusement, j'ai stoppé mes troupes le 5 décembre, autrement une catastrophe serait inévitable. »

C'est à ce moment là, par des températures de −20 °C, que les divisions sibériennes menées par le général Joukov contre-attaquent au nord et au sud de Moscou. En effet les soviétiques rassurés sur le fait que le Japon ne les attaquerait pas ont ramené vers Moscou les divisions sibériennes qui jusque-là garnissaient la frontière face à l'armée du Guandong. Les armées soviétiques reprennent Krasnaïa Poliana et délivrent la proche banlieue de Moscou. Les lignes allemandes, déjà bloquées depuis quelques semaines, sont enfoncées.

Les Soviétiques continuent leur attaque sous des températures oscillant de −20 à −50 °C, libérant définitivement le secteur de Moscou et décimant une cinquantaine de divisions allemandes qui parviennent néanmoins à stabiliser le front en évitant de grands encerclements.

Toutefois Staline tente à son tour d'anéantir la Wehrmacht en une courte campagne d'hiver. Il croit l'armée allemande totalement affaiblie et disperse ses efforts en lançant des offensives en Crimée et vers Léningrad. L'offensive soviétique ralentit vers le 25 janvier. En effet les allemands parviennent à encercler et à détruire 7 divisions soviétiques à proximité de Rjev (150 km ouest de Moscou) . Le front se stabilise et le saillant de Rjev ne sera repris qu'en 1943.

En mars, lorsque la contre-offensive soviétique s'arrête, la situation s'est considérablement améliorée pour les Soviétiques. Les dirigeants allemands devront reconnaître que l'opération Barbarossa n'a pu aboutir.

Mais durant l'été 1942 la poussé allemande se dirigera vers le Caucase et donnera lieu à la bataille de Stalingrad qui après 300 jours d'affrontements acharnés et un million de victimes de part et d'autres marquera le coup d’arrêt définitif aux offensives allemandes qui seront contraintes de reculer sur la défensive.

Sources wikimonde, ria novosty.



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